La semaine dernière, j’ai eu le privilège d’être invitée à Agora 2014, la biennale d’architecture, d’urbanisme et de design de Bordeaux.
Cette année comme les précédentes (elle en est déjà à sa sixième édition), elle investit l’immense Hangar 14 sur les quais, rénové en 1999 par l’agence Lanoire & Courrian.

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Pour cette édition, l’architecte Youssef Tohmé, commissaire de l’exposition, a choisi de questionner le thème de l’espace public : quelles sont ses limites, ses utilisations ? De quelles manières l’Homme se l’approprie-t-il d’une ville à l’autre ?

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Ces interrogations se retrouvent dans la scénographie même de la biennale, orchestrée par Petra Blaisse, qui oblige le visiteur à se faire sa propre expérience des espaces proposés.

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Au rez-de-chaussée (diaporama ci-dessus), la structure en béton du hangar sert d’appui à une organisation spatiale en quadrillage, saturée de signalétique.
Youssef Tohmé a souhaité retourner le système contre lui-même : l’espace public est ici hyper cadré.
Aucune place n’est laissée à l’improvisation car chaque espace est très soigneusement délimité et défini : expositions, conférences, déambulation, pauses…

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A l’étage (diaporama ci-dessus), l’organisation spatiale est totalement différente.
La signalétique disparait, au profit d’un immense rideau bicolore qui ondule et guide le visiteur.
Côté Garonne, la face blanche et brillante du rideau délimite les espaces de vie et de débats : un immense ring de conférence, mais aussi des trampolines,des jeux, une librairie.
Côté Ville, la face noire et mate du rideau nous plonge dans l’obscurité et offre des espaces plus intimistes, où des vidéos projetées nous font voyager à Tokyo, Beyrouth, Mexico, Skopje… et montrent le visage de ceux qui, concrètement, fabriquent la ville.
Des fentes discrètes dans le rideau permettent de passer de la lumière à l’ombre, et inversement, comme un spectateur curieux irait se faufiler en coulisses…

Mais Agora 2014 ne se cantonne pas aux limites du Hangar 14.

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Quel meilleur terrain de jeu que la ville elle-même pour questionner l’espace public ?
Chantiers ouverts, installations, concours d’idées, parcours, visites guidées, concerts, performances : le programme de cette biennale foisonne d’initiatives transformant Bordeaux et son agglomération en laboratoire à ciel ouvert. Habitants et visiteurs sont amenés à examiner leur ville et ses espaces publics (futurs, existants ou rêvés) sous toutes les coutures.

14-agoraInstallation d’Ann Cantat-Corsini face à la Garonne.

Quatre jours semblent à peine assez pour tout faire !

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PS : Un immense merci à Muriel Queneuille, de l’association Renaissance des Cités d’Europe, pour son accueil et son expertise, tant sur la Ville de Pierre (inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, je l’ignorais…) que sur ses évolutions futures. Vivement 2016 !