Après la seconde guerre mondiale, Alfred MAME, troisième génération à diriger l’imprimerie familiale à Tours, n’a d’autre solution que de reconstruire son usine.

Amateur éclairé d’art et d’architecture, il décide de confier son projet ambitieux à l’architecte Bernard ZEHRFUSS, couronné en 1939 par le Grand Prix de Rome. L’architecte conçoit alors deux corps de bâtiments, l’administration d’un côté, les ateliers de l’autre, reliés par une galerie.

L’imprimerie Mame dans les années 50, en bord de Loire à Tours.


Mais comment éclairer abondamment l’immense volume de 5432 mètres carrés dédiés aux ateliers ?
Alfred MAME pense alors à l’ingénieur et constructeur Jean PROUVE (1901-1984), dont il admire déjà le travail.



Jean PROUVE, après plusieurs études, opte pour un principe inédit.
Il créé 672 sheds, reposant sur la structure poteaux / poutres en béton armé des ateliers. Chaque shed se décompose en deux parties : la première, constituée d’une ossature acier courbe, est habillée d’une couverture en tôle d’aluminium. La seconde partie, rectiligne, reçoit des panneaux vitrés qui permettent un éclairage indirect, restituant jusqu’à 80% de la lumière du jour.
Ce procédé reçoit en 1954 le Grand Prix de l’Architecture Industrielle à Milan.

Photos : Fonds Jean PROUVE – Courtesy Ivorypress

Photo : Fonds Jean PROUVE – Courtesy Ivorypress


Sur les parties de toiture en terrasse, Jean PROUVE dessine également plusieurs pavillons reliés par une galerie vitrée, abritant le bureau du Directeur et la salle de réunion.
Cette toiture (sheds et pavillons) a été ajoutée en 2000 à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Photo : Yves BRAULT



L’imprimerie Mame ayant cessé son activité, ces locaux spectaculaires chers aux Tourangeaux sont actuellement vides. Mais ils ne le resteront pas longtemps…
La Ville de Tours projette de faire plancher plusieurs équipes d’architectes pour restaurer ces lieux et leur donner un nouveau rayonnement. Un pôle des Arts y verra le jour, regroupant résidences d’étudiants et d’artistes, école d’architecture, école des Beaux Arts et école Brassart. Vivement vivement…


Pour se plonger dans le travail de Jean PROUVE, ses croquis, ses plans, ses chantiers, rien de mieux que son « Oeuvre complète » en quatre volumes hyper documentés, par  le passionné et passionnant Peter SULZER aux éditions BIRKHÄUSER.


Pour en savoir plus sur l’histoire passée et à venir de l’imprimerie Mame : une fiche de la DRAC et un article de Tour(s)plus.


Pour visionner ma chronique en images dans « Tout sur un plateau », c’est par ici, à partir de 9’30 » très exactement ;)




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